Aéroport de Singapour

Escale à Singapour en passant seulement par l’aéroport. Étrange. Beaucoup me disent que c’est un super aéroport. Comprendre par cela, paradis de la consommation. Tout est fait pour consommer. D’ailleurs, je trouve qu’il y assez peu de places pour se poser. Je marche dans des couloirs infinis, des tapis roulants lents, le tout accompagné d’une musique calme très bien pour aller aux toilettes. On déambule le long de boutiques de luxe et de moins luxe, nonchalant, perdu par l’immensité de l’aéroport. Pour être passé par ici plusieurs fois désormais, je me demande si l’architecte n’a pas fait en sorte que les passagers tournent en rond, en boucle pour acheter tout ce dont ils n’ont pas besoin. Alors c’est sûr c’est calme, les toilettes plutôt propres, que demande le peuple ! L’aéroport de Singapour pour moi est un peu l’archétype du lieu moderne. Science fiction qui me fait flipper. 1984. C’est terrifiant de penser que tout est aseptisé, qu’il n’y a pas de bruit, propre comme dans une clinique, pas de passion, pas de bordel, pas de cri, pas de bagarre, tout est bien, où il faut, l’aéroport est le lieu fonctionnel par excellence. Et si c’est ça le futur, je préfère que ça parte en cacahuètes.

Singap

Boeing 747-400

Boeing 747, le hublot présente l’immensité de l’Australie, claque. C’est réel, je pars, je suis parti, heureux et mélancolique. Pas d’albatros à l’horizon, je ne deviendrai pas Baudelaire avec 185 ml de cabernet sauvignon. Dans l’avion, le bruit sourd habituel, comme un tempo sans rythme. Je pense à toute cette aventure, et je peux être fier de moi, fier de nous, avec ma partenaire qui sera à l’aéroport. Finalement l’Australie pour moi aura été avant tout une histoire d’amour. De la relation à distance aux retrouvailles, au PACS, au sentiment d’avoir accompli quelque chose à deux. Une histoire banale mais la nôtre au milieu de toutes les histoires, la grande Histoire. Les grands espaces, le cadre de vie, plage et soleil, ne sont que des détails. Ce qui compte ce sont les amitiés nouées, l’expérience vécue. Tout le reste n’a pas d’importance ou si peu. Comme l’albatros, maladroit sur terre et superbe dans les cieux, j’exprime sincère mais imparfait un sentiment de trois années à l’autre bout du monde. Les Autres ne retiendront que les détails : surf, kangourou et BBQ, des stéréotypes. Ils ne comprennent pas et ne comprendront pas, si eux-mêmes sont restés là, que l’aventure n’est pas celle du voyage, mais celle d’un autre moi. Voyage intérieur. Pas de fin hollywoodienne. Ni bien, ni mal, la boucle est bouclée, j’ai l’impression de mieux me connaître et surtout de ne jamais préjuger de savoir avant de connaître, tu ne sais rien, rien de rien, tu n’es que poussière, début de sagesse, pas de sens, pas de voie, plus de voix, un tas de gravas déversés au hasard, voilà ce que nous sommes.

Pensées du dimanche

Le mouvement perpétuel de René Magritte (1935)

Le mouvement perpétuel de René Magritte (1935)

Et si on se plantait ? Je me souviens des cours passionnants de Jacques Marseille à l’Université de Paris I. Il expliquait les bienfaits de la mondialisation. Son postulat était que plus il y a d’échanges internationaux, plus les peuples s’enrichissent. Postulat déjà maintes fois travaillé par les précurseurs du libéralisme à commencer par Adam Smith. Son propos était sans faille, il analysait plusieurs données économiques et s’appuyait sur plusieurs chercheurs américains pour qui l’histoire économique est une discipline à part entière alors qu’elle se fait très discrète dans les écoles françaises. Je trouvais ça très bien, étant moi-même libéral et n’avait rien à y redire. Aujourd’hui j’ai un peu de recul. Car s’il était indéniable de voir une corrélation positive entre l’accroissement des échanges internationaux et l’enrichissement des nations, jamais mais jamais Jacques Marseille n’a réussi à prouver la causalité entre les deux phénomènes. D’autant plus que l’historien médiatique écartait avec aisance les méfaits de la mondialisation. En gros, il n’y a pas vraiment de perdants. La mondialisation est un jeu gagnant – gagnant, tous ceux qui y participent (regardez la Chine) s’enrichissent. Les perdants de la mondialisation sont justement ceux qui n’y participent pas (regardez l’Afrique). Mécanique rhétorique et sophiste imparable et très convaincante. Elle est d’autant plus superbe qu’elle correspond à mon côté libéral.

Faites donc comme les Allemands.

Si je parle de ça, c’est pour mieux rebondir sur le fameux modèle allemand qu’on rabâche à longueur de journées aux oreilles des Européens et de nous petits Français. Faites donc comme les Allemands. Même mécanisme, même discours et finalement une analyse un peu creuse. Le postulat de départ est que les réformes allemandes amorcées par Gérard Schröder sont la source de la réussite allemande. Il suffit là encore d’établir une corrélation positive entre les réformes et les données économiques qui placent globalement l’Allemagne au-dessus du lot. Formidable rhétorique, imparable, la France n’a pas fait de réformes, elle est donc à la traîne.

Comprenez bien ici je ne dis pas que l’internationalisation des échanges est une mauvaise chose, je ne dis pas que faire des réformes est une mauvaise chose, là encore beaucoup s’amuserait à me montrer du doigt pour caricaturer mon discours et imposer leur opinion. Seulement il s’agit pour une fois d’avoir un peu d’honnêteté intellectuelle, on ne peut pas transformer ce qui est de l’ordre de la corrélation en causalité sans pouvoir l’expliquer.

Il était en effet commode pour Jacques Marseille de passer sous silence ce qui ne l’arrangeait pas dans la mondialisation : le pillage des ressources africaines par de grandes entreprises sous la bienveillance d’une dictature africaine… ou l’exploitation humaine par des producteurs européens dans la belle démocratie populaire de Chine (notez qu’à chaque qu’on rajoute « populaire » et « démocratie » c’est mal barré niveau droits de l’homme). Et là encore je ne juge pas, je dis seulement qu’il faudrait arrêter de revisiter l’histoire de manière idéologique. Hegel est un de ceux qui a théorisé l’histoire des idées, les grands mouvements de l’histoire et le rôle exceptionnel des grands hommes. Il s’agit bien évidemment d’une grille de lecture. Quand on dit que la mondialisation a forcément enrichit les nations, il s’agit d’une vision libérale de l’histoire. Quand on dit que les réformes de Gérard Schröder ont forcément placé l’Allemagne au devant du concert des nations, il s’agit d’une vision réformiste donc libérale de l’histoire.

Il faut vivre avec son temps.

Tous ceux qui ont voté Hollande en pensant qu’il revendrait au « vrai » socialisme se sont lourdement trompés. Hollande ne veut absolument pas « revenir en arrière ». Hollande comme la plupart de ses camarades de l’ENA (et les « élites » en général) ont une vision libérale de l’histoire. Je n’ai pas dit « ce sont des libéraux », NUANCE très importante. Pour faire court, il ne voit l’histoire que comme un mouvement positif où la mondialisation enrichit les peuples qui plus éduqués se tournent vers la démocratie. Le trio gagnant « mondialisation – enrichissement – démocratie libérale » est une grille de lecture intéressante, pertinente, mais elle n’est qu’une grille de lecture progressiste (ou libérale). Hollande, s’il est possible de lui accoler une étiquette est un libéral sociétal. Le mariage gay est pour lui une avancée et il doit se faire car il correspond au mouvement positif de l’histoire. Je suis pour le mariage gay. Malgré tout l’argument du il faut vivre avec son temps ne peut pas convaincre les opposants au mariage gay.  C’est un argument fallacieux. Les vraies questions tournent autour du bien-être des enfants et de l’égalité des droits pour les gays.

Autant d’exemples qui montrent que si tout le monde en France se dit contre le libéralisme, nous baignons malgré nous dans une culture progressiste (ou libérale) où demain est forcément mieux qu’hier, où le nouveau est forcément mieux que l’ancien. C’est un cadre de pensée. Comme c’est idéologique de penser que réformer est forcément un bien, qu’il faut absolument changer, faire bouger les choses. Culture et dynamique du changement. Rappelez-vous du slogan : le changement c’est maintenant.

Le Professionnel

Je suis venu te dire que je m’en vais… lalalalala… lalalalala…  si seulement ça pouvait être aussi facile dans la vie.

Résumé des épisodes précédents.
Dernier épisode, The Quiet Australian.

Parisien anachronique, je déambule dans la ville, et là, Paris me fait face.

- Moi : Salut.
- Paris : ça fait longtemps.
- Moi : t’as pas changée.
- Paris : tu te fais vieux.
- Moi : Je t’aime.
- Paris : T’es qu’un con.
- Moi : Je te quitte pour une autre. Sydney.
- Paris : Blonde aux gros seins.
- Moi : [pas de réponse]
- Paris : t’as toujours aimé les salopes. Vulgaire. Aucune classe.
- Moi : ça fait du bien de te revoir.
- Paris : t’es qu’un con.
- Moi : Moi aussi je t’aime.

Nouvel épisode

Paris était en rogne, et moi j’étais en mauvaise posture (comme d’hab’). Déglingué, fatigué des buveries australiennes parmi les sauvageons que j’appelais « amis », j’étais mal barré. L’haleine du matin. Les signes du buveur ne trompent pas. Et du buveur trompeur ou trompeur buveur encore moins. Les femmes ont un sixième sens, et moi je n’ai aucun sens et ça ne fait aucun sens. Prenant ma lâcheté à deux mains, je décide d’un pas nonchalant de parler à Sydney.

- Moi : Salut ma belle !
- Sydney :
Cut the crap, tu fais quoi ici.

Sydney a les yeux revolver. Elle a pas seulement le regard qui tue mais un Colt braqué sur moi.

- Moi : Je suis…
- Sydney : 
Tu repars avec miss snobby [= hautaine]
- Moi [barbouillant et barbouilleux]: Tu sais… je…
- Sydney : 
I am going to fucking kill you, you stupid dick. [= je préfère pas traduire]
- Moi : T’es belle quand t’es fâchée, tu sais.
- Sydney : 
Tu veux vraiment que je te tue. Vas retrouver miss aux petits seins qui fait la gueule. T’es vraiment qu’un con. Un lâche, t’as même pas les couilles de me quitter.
- Moi : [pas de réponse]

- Sydney : Small dick. [= pas besoin de traduire je pense]

Essaye d'avoir l'air cool dans ce genre de situations

Essaye d’avoir l’air cool dans ce genre de situations

Bon, ça s’est pas si mal passé que ça. Roublard. Le Professionnel. Belmondo le mec ! C’est bon de se mentir à soi-même. Haha. Ouais t’excites pas trop, j’ai eu du bol comme d’hab’, elle aurait pu m’éclater la tête. Belle fin quand même, comme dans un polar. Assassiné par une blonde plantureuse. J’aurais peut-être dû finir comme ça, je trouverai pas une plus belle mort.

Bon maintenant il ne me reste plus qu’à convaincre Paris…

Oh putain. Je suis pas dans la merde moi.

Chroniques musicales sous ecstasy

RAM

Un bruit de théière sur le point d’exploser se transforme en bruit de moteur insoutenable, on remet le couvercle, ça va péter, le CONTACT ne passe plus. Bruit d’électricité. Fin. Random Access Memories (RAM) en boucle. On recommence. Pour une musique d’ascenseur, ça dépote. Jouissif et déprimant. Redonne de la vie à la zik qu’ils disent. Get Life Back to Music. Un peu de funk, groove pour des Français râleurs et ronchonneurs. Putain Séguéla avait raison. Rien que de le dire, ça me fait mal… aux yeux on va dire, soyons polis. Remède pour l’anti-crise, grisaille parisienne. L’ancien publicitaire du haut de ses 78 ans t’explique la vie, et il te met cher, la misère. T’as pas de boulot ? Arrête de faire la gueule déjà et ça ira mieux. Sinistrose pour lui. Merde à la déprime ! qui dit. Et en plus il a raison. Daft Punk encore. Giovanni Giorgio, j’avais pas de thune, j’avais un rêve de gosse, composer de la musique. Il avait un rêve. Il est allé dans les boîtes sordides allemandes en 1969. Rêve d’un son des années 50, 60, 70 et un son du futur. Retour aux sources. Les vieux nous font la leçon. Le son du futur est un clic. Et toi tu fais quoi. Rien. En pantoufles, pantouflard, couch potato sur ton clic-clac. Lui il s’appelle Giovanni Giorgio et tout le monde l’appelle Giorgio. T’as même pas encore de Rolex. Et si le vioc avait raison. Manque d’horizon, d’ambition, il serait peut-être temps de se mettre un coup de pied au cul et botter les fesses à la gérontocratie qui nous donne de bons conseils dégénérés. 9 minutes le morceau. Génialissime. RAM merci Daft Punk. Y’a encore du talent. Giovanni Giorgio était un visionnaire. L’avenir dépend d’un clic, déclic.

Pour écouter le morceau ici

Soubresauts d’un pois chiche

Word ne reconnaît pas le mot « soubresauts ». La langue se meurt quand un géant américain décide de l’étendue de notre champ lexical. Victor Hugo n’est pas là pour protester, il n’y a personne, plus personne.

Réveil fatigué, je me traîne jusqu’au supermarché, paradis de la consommation pour pauvres, pour retrouver mes semblables. Triste sort. Il fait beau. Il fait toujours beau ici. Pour un Parisien comme moi, c’est inquiétant, allure de fin du monde, avant l’apocalypse un été sans fin, pas de saison, pas d’heure. Après mon succulent : saucisses, œufs, chips, ail, je me décide d’aller vagabonder. Y’a rien à faire ici, je n’ai plus d’affaire chez moi, les cartons sont partis. Vide sidéral, le temps du retour est proche, approche. Promenée sur bourke street, rien d’inhabituel, tout va bien. Trop loin pour prendre le café chez le Grec, je décide de me rendre chez Zoé (j’ai gagné 10 mètres) où je sais pertinemment que le café est dégueulasse. Merci ! me dit la vendeuse. Elle a compris que je suis Français. Faut dire que des Australiens gringalets portant des tee-shirt BATMAN, y’a en pas des masses non plus. Pourtant je pensais avoir bonne mine, j’ai acheté une nouvelle crème l’Oréal Expert à la taurine. Je ne sais pas pourquoi j’ai acheté ça. Encore une connerie marketing qu’il me fallait absolument. Regular long black please à emporter.

J’ai l’impression d’être à New York, sauf que ce n’est pas New York. Cholestérol à Central Park. Ça pourrait être le titre d’un mauvais film. Je fais référence à mon état digestif après mes saucisses et à la lubie newyorkaise (en plein Sydney pourtant). Tel un flubber flamby, je continue ma promenade. Moore Park Gardens, Centennial Park, on se croirait dans les jardins de la Reine. Que les noms, car la royauté a fui depuis bien longtemps. Des gens (bizarres selon moi) tout habillés genre Tour de France ou Giro d’Italia traversent en vélo de long en large le bitume. L’agréable sensation du bruit infernal des voitures et les embouteillages permanents font de ce parc un must absolu de Sydney. Eloignons-nous un peu.

Déjeuner sur herbe, mais seulement mon café. Des petits jouent à l’AFL, ce jeu australien très violent pour futurs hooligans ou ex taulards. Magnifique, on passe le flambeau. Le soleil tape. Le vent un peu froid, mais pour un Européen habitué aux températures négatives, un tee-shirt suffit amplement en plein hiver australien. Ne croyez pas que d’habitude nous sommes nus (des fois seulement). Assis au milieu de cette herbe sèche et ravagée, j’admire le ciel bleu et pense être Rousseau. Au fil de mes pensées, je me dis qu’il serait bon de faire du sport. Puis c’est tout. Enthousiasme d’un pois chiche. Une huître est plus excitante. Mais pourquoi ils s’infligent ça ? « ça » étant le sport.

Bref au milieu des cacas de chien, je me mets à rêver. Départ pour bientôt. Comme un truc qui cloche, c’est chez moi maintenant mais ça ne sera jamais vraiment mon chez moi. J’ai de la chance d’être ici diront certains, mais la chance n’a rien à voir là-dedans. Il m’a toujours paru étrange ce paradis perdu qui n’en est pas un, que tout le monde envie sans venir jusqu’ici, trop loin pour beaucoup. Un goût de nostalgie et de soulagement.

Fin d’un voyage.  Il est temps de partir.

Considérations Inexactes

Masque du mouton dans "Noé" d'André Obey (1931 - Photo Mieville).

Masque du mouton dans Noé d’André Obey (1931 – photo Mieville)

Car apprendre c’est se souvenir comme disait un prof d’histoire lorsqu’on nous gavait comme des canards de savoir, rappelez-vous (enfin si vous avez fait hypokhâgne) ce merveilleux petit prélude de Nietzsche dans ses Considérations Inactuelles II. Encore vous avez du bol, j’aurais pu vous mettre le texte dans sa langue natale, l’allemand…

Ce voyageur, qui avait vu beaucoup de pays et de peuples, et visité plusieurs parties du monde, et à qui l’on demandait quel était le caractère général qu’il avait retrouvé chez tous les hommes, répondait que c’était leur penchant à la paresse. Certaines gens penseront qu’il eût pu répondre avec plus de justesse : ils sont tous craintifs. Au fond, tout homme sait fort bien qu’il n’est sur la terre qu’une seule fois, en un exemplaire unique, et qu’aucun hasard, si singulier qu’il soit, ne réunira, pour la seconde fois, en une seule unité, quelque chose d’aussi multiple et d’aussi curieusement mêlé que lui. Il le sait, mais il s’en cache, comme s’il avait mauvaise conscience. Pourquoi ? Par crainte du voisin, qui exige la convention et s’en enveloppe lui-même. Mais qu’est-ce qui force l’individu à craindre le voisin, à penser, à agir selon le mode du troupeau, et à ne pas être content de lui-même ? La pudeur peut-être chez certains, mais ils sont rares. Chez le plus grand nombre, c’est le goût des aises, la nonchalance, bref ce penchant à la paresse dont parle le voyageur. Il a raison : les hommes sont encore plus paresseux que craintifs, et ce qu’ils craignent le plus ce sont les embarras que leur occasionneraient la sincérité et la loyauté absolues.

 

Fainéants et lâches, sympa le mec. Nous sommes des moutons, bééééé, des vaches, meuh, et il a bien fallu un de nos ancêtres qui avait des allures de singe pour s’extraire du farniente animal ambiant. Regardez votre chat ou chien d’appartement, on dit sans arrêt : "il a la belle vie, lui", justement parce qu’il ne fait rien de ses journées. Le vide intellectuel total. Aujourd’hui, tout va bien le patronat nous fouette bien comme les sénateurs romains ou seigneurs d’autrefois. Nous sommes contraints de travailler, même si on préfère roupiller. Qu’il est bon de ne rien faire, mais faut bosser pour consommer, et consommer ça permet aux autres de bosser, donc enfin on a pas vraiment le choix… euh si… t’es libre quand même hein… t’es AUSSI libre de pas bosser… de pas consommer… de rien foutre et d’être SDF tout pourri tout seul dans ta cave, super quoi.

Pour vous rassurer j’étais tellement nul en allemand (pendant que mes camarades de khâgne lisaient Goethe !), je suis passé par décision express du prof en espagnol au Celsa. Mathieu tu te reconnaîtras haha !
Benji est pas mal aussi dans le genre. Le jour du Bac,

- le prof "vous avez fait combien d’années d’allemand ?"

- Benji "7 ans pourquoi ?"

- le prof l’air désespéré [soupir] "Ah oui quand même".

Et puis Nietzsche, j’ai jamais rien compris. ACHTUNG BITTE ! Bonsoir messieurs et mesdames, faut que je retrouve mon état naturel : la paresse.

P.S. Vous trouvez pas que la photo du type habillé en mouton fait un peu pervers ? Parce que je me suis dit "ah, voilà ce qu’il me faut" et puis… j’ai trouvé ça bizarre.

Des gens normaux. Pas un président normal.

Contre les pigeons, les entrepreneurs, les grands patrons. Contre la finance, les banques et les traders. Contre les cathos, les réacs et les tradis. Contre la droite, l’UMP et le FN. Hollande se définit contre. C’est le drame d’une politique incapable d’accoucher d’un « pour », pour quelque chose par manque de clairvoyance et de vision. On ne savait rien ou peu de Chirac, c’est encore plus vrai avec Hollande. Qui est-il ? Quel est son dessein, son but s’il en a un ? Cache t-il son jeu ? Autant de questions sans réponse pour des Français frustrés et blasés.
 
On se souvient de son « Moi, président de la République » qui passait bien à la télé contre un Sarkozy en petite forme. Les dés étaient jetés, les jeux étaient faits. Hollande était sûr de l’emporter. Aujourd’hui qu’en est-il des promesses ? Nous ne sommes pas naïfs, juste un peu. Je savais bien que c’était du pipo, de la démagogie les 75% et autres mesures gauchos pour séduire le petit peuple dont je fais parti. Mais je pariais sur une nouvelle ère, un élan de la part d’une gauche social-démocrate ou démocrate sociale (peu nous importe), une gauche débarrassée de ses vieux démons et autres pseudo Mélenchon, une gauche capable de réformer la France et un président qui a le courage, l’intelligence et l’habilité de mener ces réformes de fond, structurelles.
 
Car il s’agit bien de changer le visage de la France, et surtout d’une économie déprimée qui n’a plus envie, plus envie de créer, d’innover, et ce depuis de trop longues années déjà. Le courage est passé aux oubliettes, par contre l’intelligence et l’habilité politiciennes de notre président sont remarquables. Tellement remarquable que ça finit par se voir. Est-il là seulement pour le pouvoir, pour le bien commun, le bien public ou par simple ambition ? Presqu’un an s’est écoulé et il ne s’est pas passé grand chose depuis. Alors oui, il a les mains liées, prisonnier de la machine européenne, machine cassée, rouillée et sans élan, prisonnier des agences de notation et de la dette publique comme l’épée de Damoclès au dessus de sa tête. A qui la faute ?
 
Trop simple de blâmer un seul homme, de le porter en bouc émissaire comme on le fait avec Merkel. A nous de nous engager, nous engager en politique. Un coup de balai ? Un coup de balai ne signifie rien. Intégrer les rangs des communes, de l’Assemblée et faire de notre République un régime plus démocratique, plus représentatif de la société civile.  Des gens normaux. Pas un président normal. Aide toi et le ciel t’aidera. C’est à nous que revient la responsabilité de notre avenir, pas à un seul homme ou une élite en perte de vitesse.

 

Dégradation par une jeune femme du tableau d'Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, au nouveau Louvre de Lens. L'inscription « AE 911″ fait référence au 11 Septembre 2001, et plus précisément, à une association nommée Architects & Engineers for 9/11 Truth (Architectes et Ingénieurs pour la vérité sur le 11/9).

Dégradation par une jeune femme du tableau d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, au nouveau Louvre de Lens. L’inscription « AE 911″ fait référence au 11 Septembre 2001, et plus précisément, à une association nommée Architects & Engineers for 9/11 Truth (Architectes et Ingénieurs pour la vérité sur le 11/9).

Rigueur, rigueur, rigueur

Rigueur, rigueur, rigueur à longueur de journée(s), le mot n’est plus apparemment tabou et s’accompagne de son petit ami austérité. C’est un couple gay, pas gai, c’est à la mode. J’essaye de me renseigner : rue89, slate.fr, lefigaro, lemonde, libé… Toujours la même chose. Ce que j’écris n’a pas plus de profondeur, mais je ne suis pas éditorialiste au Monde moi. Merkel, les Allemands, ils sont pas gentils, mais faut pas taper dessus, ils sont juste cons comme tonton Jules. Voilà en gros l’analyse des derniers jours ; et journaux et journalistes tournent et tournicoton comme des girouettes, pirouettes pour s’effacer au gré du vent. Car personne n’y comprend rien. Libé tape sur Merkel mais faut taper trop fort hein, euh… On critique la critique trop critique du PS. Aussi on critique la critique de la critique prétendument trop critique. Croquettes pour chat, voilà ce que sont devenus les mots. Pendant ce temps-là, rien ne se passe au Royaume de France. Notre (ex) joufflu président rigole rigolard hilare sur nous les petites gens. Secret Story ne passe plus. Ça va gueuler (mais alors vraiment) cette fois-ci.