Ponts de mai

Mais, c’est les ponts. Mai, il y a les ponts.
Ils reviennent et s’en vont.
Mais à force, on s’y habitue un peu trop.
À mai(s). Aux ponts.

Car l’eau coule sous les jours, vacataires.
Non travaillés. Ou, laborieux, pour les moins chanceux.
Peut-être il serait bon de reconsidérer la chose.
Pont être il serait pont de reponsidérer cette phrase.
C’est un peu con ou pont, ou peut-être pas.
Pondichéry, pondération, pond un œuf ou un bœuf…
À croire que les ponts qui comptent ne comportent que des dés.
Et les thés dans tout ça ?
Fainéants, de levis, ou d’Avignon.
Comme le dit la chanson, sur lui, on y danse, on y danse.
A contrario, quand il est devancé, il devient ponctuel.
Ou il peut-être grand, c’est un ponte.

Tout compte fait…
Où le Comte rencontre le Pont(e), dans ses sons mais dans le désordre,
Manquant le P pour que le compte soit bon,
On s’y mêle et s’emmêle les pinceaux,
Dans ce conte, sans queue, ni tête,
Mai, soyez rassurés,
Rien de grave,
Deux lots coulent à flot,
Et les gens dansent tous en rond.

pont

Mes vacances en Normandie

Quel est le rapport entre le Printemps arabe, le djihadisme, et mes vacances ? Le fait que nous nous tournons, une fois n’est pas coutume, vers les régions françaises. Le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, mouais… ça donne moins envie depuis les soulèvements populaires et les attentats. Il y a quand même une contradiction de l’Européen de soutenir les révolutions du peuple arabe, et de s’empresser de changer de destination une fois l’affreux dirigeant au pouvoir n’y est plus. Car dans notre plus grand égoïsme, et c’est tout naturel, nous souhaitons des vacances sans problème, sans souci. Seulement voilà, redécouvrant les régions de France, nous oublions à quel point elles sont belles… et froides. Donc nous voilà, sous la pluie, et / ou contre le vent, visitant la Normandie et une partie de la Bretagne. Alors certes, nous n’aurons pas de coups de soleil, alors certes, nous bénéficions d’un grand bol d’air frais, alors certes, nous améliorons notre bilan carbone, alors certes, les huîtres sont fraîches et consommons du beurre jusqu’à l’overdose, mais sérieusement s’acheter un pull et un bonnet en laine au Printemps, est-ce vraiment nécessaire ?

Touriste parisien profitant d’une villégiature normande

Touriste parisien profitant d’une villégiature normande

Les fachos

Y’a comme qui dirait une odeur… dédiabolisé… c’est comme chercher une aiguille dans un foin de merde… le bruit des bottes n’est jamais très loin. Le sapin vert ne cache pas l’odeur qui envahit la pièce. On aimerait croire Marine, mais on sait d’où elle vient. Le Papa écarté, boulet isolé du FN. Boulet fondateur et représentatif du FN. On fait du soft, du light, mais le fond reste le même. On fait de la com’, on s’appelle Rassemblement Bleu Marine, mais ne soyez pas dupes. On voit comment les Femen ont été délogées manu militari par le service d’ordre du FN, on entend les commentaires amoureux des militants dans les rangs du 1er : « salope » « pute » « tuez-la », on a vu l’équipe du Petit Journal agressé par un haut responsable de ce même parti et les coups donnés aux journalistes par les partisans de ce parti qui se veut respectable. Ça laisse présager des jours heureux quand ils seront aux pouvoirs…

Stop the bullshit, vous le savez, quand vous votez pour ces (dangereux) guignols, vous donnez du pouvoir aux fachos, ni plus ni moins. Pas d’excuse.

Le FN n’est pas un parti comme les autres.

Le sourire de la haine

Le sourire de la haine

Café du matin

Café du matin, un deuxième à la Brioche Dorée, nom poétique pour lieu sans poésie.
Attente en vue d’un RDV. 
Pour le travail. Le travail. Travaille, travaille et travaille encore.
Adieu la poésie, la magie, le rêve.
Si la passion m’anime, le quotidien reprend le dessus, implacablement, sans sourciller.
Soupape d’anti-vie, il revient au galot, pour briser les énergies créatrices.
Nous voulons respirer, nous voulons vivre, nous voulons rire,
jouer, sauter, crier, pleurer, faire du bruit, du bordel, 
le chaos comme raison d’être.
Au lieu de ça, la routine nous met tous dans un moule, 
nous suivons la route sans connaître la destination,
mouton parmi les moutons, je suis le flot, le flow, le flux, 
des métros, des trains, des bureaux, des prez, des recos,
et autres anglicismes et acronymes stupides.
Pour ne pas faire du travail une aliénation,
il faut revendiquer l’école buissonnière, entraver les règles,
les compromis, la bienséance, les faux-semblants, les sourires de façades,
pour retrouver l’énergie brute, battante, la créativité à sa source,
et là, le travail deviendra, pour une fois, vraiment productif.

route noir et blanc sans fin

Lettre

Imbécile, ingrat, tu te trouves des excuses,
mais moi tu y penses, tu y penses,
tu penses à moi, tout ce que je t’ai offert.
Lâche, petit, faible, vaux rien,
moins que rien, rien, tu n’es rien.
Moi que tu as créé, que tu as aimé, tu me délaisses…
tu ne me regardes plus, tu ne me touches plus.
Que sont devenus tes caresses, tes pensées,
tes mots qui me faisaient vibrer ?
Tu me faisais rire, tu étais drôle.
Tu me faisais rêver, tu étais magnifique.
Mais aujourd’hui, sans moi qui es tu,
je suis là, tu le sais bien.
Et quand bien même après des mois d’absence,
de silence, de réclusion, de cloisonnement,
je suis là, cette voix, qui t’obsède, qui te hante,
qui t’ordonne d’écrire.
Tu ne peux pas t’en passer,
tu ne dois pas t’en passer.
Je me fous de tes excuses, je me fous de tes pardons,
de ton travail, de ta fatigue, de tes problèmes.
Écris, écris pour moi, comme au premier jour.

Ton blog

Macron : qui n’est pas avec moi, est contre moi

Emmanuel Macron n'a pas dit son dernier mot

Emmanuel Macron n’a pas dit son dernier mot

La scène est théâtrale. On voit Emmanuel Macron se débattre dans l’arène qu’est l’Assemblée Nationale prendre à partie les frondeurs de gauche. En substance, il dit que si votre réponse est de ne rien faire, ceci n’est pas une réponse acceptable pour la Gauche. Et se retrouvent dans le même camp, frondeurs, front de gauche, et gens de droite, pour ne rien faire.

S’il est un peu manichéen de réduire l’Assemblée à un affrontement contre sa loi, et donc selon Macron, contre sa personne, il y a une part de vérité dans ce qu’il dit. La Droite, UMP et UDI, aurait pu, aurait dû, voter cette loi. Certains, dans leur honnêteté intellectuelle, étaient prêts à le faire. Cette loi, que certains aiment à répéter qu’elle n’est pas la loi de siècle, oublient un peu vite qu’il n’y a pas de recette magique pour redynamiser l’économie française. Tous sur les bancs de l’Assemblée, ont été au pouvoir, tous ont échoué. Donc un peu d’humilité ne fait pas de mal. Cette loi n’est peut-être pas la solution à la crise, mais c’est un début.

Car l’économie française souffre de ses rigidités, de ses corporatismes. Et le simple fait que chaque profession réglementée se soulève pour combattre cette loi, qu’elle soit soutenue en majorité par les Français, qu’elle traverse les clivages politiques traditionnels, est la manifestation de l’importance de cette loi. Au-delà de ce qu’elle apporte dans ses textes, elle est à l’image d’Emmanuel Macron. L’homme trentenaire se tenant debout au milieu d’une assemblée vieillissante, cheveux blancs et gris, pour la réforme, pour le changement, pour décloisonner l’économie française, pour faire sauter les verrous qui nous empêchent d’avancer. C’est une loi libérale, la France a besoin de libéralisme. La France doit combattre la tentation de se replier, de croire qu’elle est seule, qu’elle vit en autarcie, qu’elle a le luxe de refuser la mondialisation, de balayer d’une main une loi qui potentiellement pourra créer quelques emplois dans un contexte où le chômage bat son plein. Nombre de rapports ont été pondus par nos économistes et intellectuels, à commencer par Jacques Attali, sur la nécessaire libéralisation de l’économie française, cette loi va dans le bon sens.

Libéral n’est pas un gros mot, libéral c’est combattre la bureaucratie, c’est défendre le peuple contre les privilèges de certains au détriment des autres, c’est se lever contre les corporations, contre les intérêts bien compris des professions et catégories les plus favorisées, c’est dire non à l’inégalité des traitements pour l’égalité des chances.

Pour aller plus loin
Loi Macron : pourquoi l’UMP frise l’inconscience

Les hommes se cachent pour mourir

Le visage de Maxime montre les séquelles de la torture passée

Le visage de Maxime montre les séquelles de la torture passée

Maxime, 37 ans, raconte sa vie d’homme battu

Si vous n’avez pas lu ce fait divers terrible, lisez-le.

Il raconte le calvaire d’un homme manipulé et entièrement soumis à la volonté brutale d’une femme pendant plus d’un an. Il a tout enduré, il a tout perdu, son travail, son identité, pour un soi-disant amour qui n’était que pure violence.

Le récit fait froid dans le dos… Si l’on est confronté de plus en plus à la violence faite aux femmes, qui reste la violence majoritaire, quotidienne, et cachée de nos sociétés, il n’en reste pas moins qu’en tant qu’homme, j’ai été choqué par ce récit. Si la violence m’est insupportable, se retrouver le témoin d’une scène de vie, ou plutôt d’une tranche de vie gâchée à jamais par la folie d’une femme, m’a scotché. Dans les guerres tribales, de religion, et autres barbaries, il est d’usage de violer ses adversaires. On parle des femmes, et c’est épouvantable, un dégoût profond de l’humanité remonte à la surface, comme une envie de vomir d’être un homme. Mais on parle moins du viol des hommes, qui, comme les femmes, vivent dans la honte, dans le secret, sans vouloir, sans pouvoir en parler, de peur d’être montrés du doigt.

Car la violence faite à l’autre est d’abord synonyme de silence, d’incapacité à crier son mal-être pour la personne qui en est victime. L’homme, ou plutôt les hommes, sont éduqués depuis des générations, pour montrer aux femmes leur virilité. Cette virilité est un mélange stupide de violences faites aux femmes, mais également une violence faite aux hommes qui est moins évidente. Ne pas montrer ses émotions, garder pour soi son ressenti, ne pas pleurer, ne pas dévoiler ses peurs, ses secrets, reste le modèle de nos papas. Si mon écrit n’est pas une invitation à nier les différences entre hommes et femmes, il souligne néanmoins le rôle de l’éducation et la nécessité de transformer nos repères. Notre modèle d’homme est encore à inventer pour ne pas tomber dans un silence coupable intenable pour les femmes et pour nous.

Juppé 1. Sarko 0.

ça va être sympa pas les dîners à l'UMP

ça va être sympa les dîners à l’UMP…

Alain Juppé a tapé Nicolas Sarkozy là où ça fait mal. Il a mis ses convictions sur la table. Certes, on peut y voir un calcul politique pour préparer 2017. Mais que dire de Nicolas Sarkozy, politicien parmi les politiciens, jouant la carte de la démagogie, du populisme sans aucune vergogne. Sarko, lui aussi, calcule. À la tête de l’UMP, l’ancien président, qui n’était jamais vraiment parti de la scène politique, caché dans les buissons pour mieux réapparaître, est revenu tel le fantôme de l’Elysée, et veut bien saisir sa deuxième chance pour reconquérir le sommet de l’État une seconde fois. Nicolas Sarkozy sait bien que de nombreux militants UMP sont sur une ligne dure et que beaucoup sont prêts à franchir le pas ou tout du moins danser un tango et une valse avec le Front National. Il hésite, opte pour une ligne floue, ni Parti Socialiste, ni Front National, pas de consigne de vote car les électeurs du Doubs sont assez grands. Certes, il ne s’agit pas d’infantiliser les électeurs, mais il y a une ligne qui a été franchie. Chirac était intraitable avec le Front National. Il y avait la volonté d’afficher les couleurs républicaines de la droite. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et c’est inquiétant. Alain Juppé a raison de ne pas jouer avec le feu. On disait Nicolas Sarkozy fin stratège, siphonnant en 2007 les voix du FN. Mais 2012 est la défaite de cette tactique politicienne. L’élection s’est jouée au centre. Pourquoi persister ? 2017 sera encore plus incertain avec une Marine Le Pen plus forte que jamais. L’UMP, ce n’est pas la première fois que je le dis (voir le retour du bâton), doit s’affranchir de cette tentation populiste, nationaliste, conservatrice. Il faut ouvrir les élections primaires aux sympathisants du centre et de la droite, ne pas laisser une poignée de militants décider pour nous, adhérer à l’UMP (ici) et voter pour la République.

« Si j’étais électeur de la 4e circonscription du Doubs, je sais ce qu’en mon âme et conscience je ferais : pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, « en l’évidente inégalité des races », je ne m’abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l’affronte, c’est-à-dire le candidat PS »

Alain Juppé sur son blog

La jeune garde du président

L'austérité ? Haha, on connaît pas nous !

L’austérité ? Haha, on connaît pas nous !

La jeune garde du président, les jeunes loups à l’avant-garde, la garde impériale, des grenadiers à l’affût des faits et gestes de leur chef, croyance aveugle et volontaire dans la toute puissance d’un homme autoproclamé président normal, qu’a donc de si extraordinaire cette jeune garde ? Ce qu’elle a de si merveilleux pour un pays vieillissant, poussiéreux, condamné à la gérontocratie, c’est que cette garde rapprochée est… jeune. C’est bien là le drame. On donne la chance aux jeunes. Je rigole amèrement. On donne la chance à « ces » jeunes. L’article star de l’OBS cette semaine ne peut cacher qu’il s’agit tous d’énarques. Là tu te prends un gros coup de spleen, est-ce que ces jeunes, est-ce que cette génération qui est la mienne, va changer la donne ? Ou s’agit-il des mêmes énarques version jeune ? Car je m’en contrefous de l’âge des conseillers du président, il nous faut un personnel politique et son lot de conseillers qui reflète la diversité de la France. Car la force de la France, on aurait tendance à gentiment l’oublier, c’est sa multiplicité, toutes ses régions, ses quartiers, ses couleurs. La France n’est pas et ne sera pas cette antichambre de salon où des jeunes jouent à être vieux. Mention spéciale pour leur accoutrement, leurs costumes, oui ils sont tout droit sortis d’une couv’ GQ, d’une pub Burberry ou d’un mauvais téléfilm sur la conquête du pouvoir. Pourquoi l’avenir de la France doit être confiée à une seule et même caste ? Toujours la même. Celle qui ne produit rien, que du désastre. Oui il y a des bons énarques, oui il y a des bons hauts fonctionnaires, mais l’ENA ne doit pas diriger la France. Arrêtons les étiquettes, faire du jeunisme pour du jeunisme. Oui c’est bien de voir des jeunes qui se la pètent MAD MEN, qui savent ce qu’est Twitter et Facebook, et alors, so what? So rien.

Hey Flanby tu me payes des bonbecs à la boulange steup ?

Hey Flanby tu me payes des bonbecs à la boulange steup ?

Lettre d’un hypocondriaque à ses concitoyens

microbeAssis dans le métro, nous nous faisons face, emmitouflé dans mon écharpe et mon manteau, je veille à ne pas respirer l’air infecté du matin. En face de moi, à ma gauche, à ma droite, je suis cerné par des gens, et autant de microbes, de grippes, de gastroentérites possibles. On tousse, et on tousse encore, et voilà qu’on se mouche, j’imagine les petits microbes assiégés ma personne pour la rendre malade. Muni de gants, je veille à ne pas toucher les poignets de porte, les barres verticales, des nids à microbes… oh horreur. Je me tartine les mains de gel désinfectant à chaque geste impliquant une interaction avec un humain ou un objet. Voyez-vous, chers concitoyens, en cas d’épidémie, pire en cas de pandémie, nous serons tous foutus, tous cons blottis les uns contre les autres, et s’infectant les uns les autres allégrement dans le froid et la mauvaise humeur. Donc par pitié, SVP, quand vous vous sentez mal, évitez d’emprunter les transports en commun, de serrer les mains à vos potes, de taper la bise à vos copines, de vous rendre au travail, de vous rassembler dans une manif’, en boîte, dans une partouze, bref dans tout lieu où règne la promiscuité, sale petit microbe, morveux, vomito, vous allez contaminer tout ce monde. Et lavez vous les mains bordel, c’est pas compliqué, on évitera un suicide collectif. Alors voilà, quand il fait froid, restez chez vous.