27/08/2011 – 13h56

Devant moi, la couverture du dernier album photos Reporters sans frontières. Une photo de René Burri, une photo mythique, celle du Che et son cigare. Che Guevara représenté dans toute sa splendeur. Le photographe lui donne un air héroïque, le Che devient une figure romantique. Il est beau, il est jeune, sûr de lui. Derrière sa barbe et sa moustache frisées, un regard insolent. L’insolence de la jeunesse, du combat. Le cigare et la moue nous narguent.

Cet été le Monde diplomatique écrit sur la démondialisation et ses ennemis. L’article me distrait un peu. Sans plus. Le refus du débat sur la démondialisation ne représente pas la victoire du méchant capitaliste. Dans le fond, chacun de nous fait ou veux faire partie de ce vaste mouvement global où le tout consommer est roi. Les jeunes révoltés en Angleterre ont ciblé les magasins et enseignes emblématiques de la mondialisation. Pas pour détruire, mais pour voler, en quelque sorte consommer.

La jeunesse européenne est un poisson mort, ses yeux ne répondent plus. De la photo du Che romancé, il ne reste plus rien. Publié en 1963, 50 ans après plus rien. On n’y croit plus. On ne veut plus croire qu’un autre monde est possible. Blasé ou cynique, je ne sais pas. Les grèves et mouvements étudiants ont un goût de défaite avant la bataille. La jeunesse européenne se bat sans plus trop savoir pourquoi. Elle veut y croire sans se donner les moyens de vraiment changer les choses. Sans être un partisan de la Révolution et encore moins de la violence qui l’accompagne, l’Europe ne rêve plus. La fin des rêves a sonné.

Paradoxal, quand de l’autre côté de la Méditerranée, la Tunisie, L’Egypte, la Lybie, la Syrie se battent pour croire au rêve. Et vous savez quoi ? Ils se battent pour notre rêve, le rêve de la démocratie, de la liberté, de la richesse des nations. Tripoli aux mains des rebelles, c’est la fin d’un homme tout puissant, mégalo et parano, et surtout ultra violent. Je me suis toujours demandé comment un seul homme peut asseoir son pouvoir pendant plusieurs décennies. Le charisme ? Oui au début. Les Fidel, Hussein, Kadhafi étaient très certainement aimés des foules. Mais après ? Par la peur. L’hyper violence à l’encontre des gens que l’on aime, contre les enfants, les mamans et papas et vieillards, contre les homos, les handicapés mentaux. Tout ce qui vous est cher disparaît.

Bashar al-Assad, je te réserve une place en enfer pour torturer les enfants de ton propre pays que tu dis aimer plus que tout. Je te félicite de mitrailler les mosquées, d’écraser une révolution pacifique dans le sang. Ton tour viendra, car le rêve, que les européens ont pour l’instant oublié, est plus fort que tout dans ton pays. Ca ne sera pas une partie de plaisir, mais quand le jour viendra on ne te loupera pas. Sous tes airs d’énarque de la sainteté des enfoirés, tu sais aussi bien que moi que ta dynastie Assad affiliée à l’Iran chiite ne peut plus durer dans un pays majoritairement sunnite. ça ne sera pas une partie de plaisir, tu as des copains la Russie et son droit de veto au conseil de sécurité de l’ONU. C’est une question de temps. Alors, aux Européens ! Continuez de croire au rêve, montrer l’exemple à nos amis syriens et iraniens, car le rêve de liberté est la chose la plus forte qui soit.

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