Lendemain difficile (le 24/10/2011)

Je ne parle pas de la gueule de bois, conséquence d’une cuite la veille. Non il est question de la défaite de la France. 7-8. Oui je sais, les boules. A un point près, nous sommes champions du monde…

Attends, j’ai une mouche hideuse, horrible, monstrueuse à côté de moi sur la fenêtre du train. Je le regarde, elle me fixe. Elle est luisante, de couleurs rouge, noir, jaune et orange, presque belle si ce n’était pas une mouche. ET MAIS TU FAIS QUOI Là ? Elle atterrit sur ma main, je la chasse d’un air dégoûté. GO AWAY ! Voilà j’en ai marre, je me fais attaquer par nos amis les bêtes et me réveille avec la douce impression d’avoir une pastèque au lieu de la tête.

Mal au crâne, je suis déçu. Déçu car la France aurait dû gagner cette bataille. Pas forcément la coupe du monde. Notre parcours est loin d’être exemplaire, mais cette partie ne s’est jouée que d’un point. Tout commence par le célèbre haka des terrifiants All Blacks pour impressionner l’adversaire. Les Français se donnent la main et forment un V. V pour victoire (pas pour vasectomie). En voyant cette image à la limite du cucu, je me dis qu’on va se faire éclater. Les Français avancent, se prennent par la taille et épaules, et font face à la marée noire. Voilà, ça c’est bien. Résistance !

La première mi-temps voit la domination des All Blacks. Plusieurs pénalités sont concédées aux Néo-Zélandais. Certaines sont contestables. Le buteur Piri Weepu rate pénalité après pénalité. Toujours 0-0. Enorme erreur de la part des Français, à la suite d’une touche, le rugueux Woodcock transperce la défense française. Cet essai n’aurait jamais dû avoir lieu, il est l’illustration d’une grosse lacune défensive de notre part. 5-0. Puis 8-0 à la suite d’une pénalité (et ce n’est pas Mister Weepu qui l’a met, haha). On sent la fin venir.

Seulement voilà, les Français se réveillent à la deuxième mi-temps. Cockatoo Island, petite île aux airs balnéaires et industriels de Sydney, crie pour la France. Transformés en irréductibles Gaulois, les Français sont irrésistibles. On y croit. Dusautoir marque un essai qui sera transformé. 8-7. A un point de la victoire, les Français sont debout. Pénalité pour nous, tout le monde retient son souffle. Trinh-Duc a la lueur de la victoire dans les yeux. Il tire, mais ça ne passe pas ! On ne peut pas perdre comme ça, on ne peut pas perdre maintenant, si près du but. Les supporters néo-zélandais, habillés tout de noir et de blanc, maquillés, arborent motifs aborigènes et agitent le drapeau des All Blacks comme des pirates à l’abordage. Ils sont déjà tous debout dix minutes avant la fin. Ca sent la fin.

Pourtant tout avait si bien commencé sur Cockatoo Island. Allongés sur l’herbe, nous sirotions au soleil un petit cocktail tropical. Séance de maquillage : sur nos joues, nous dessinons de petits drapeaux français. Tranquilles, il est dimanche, la musique joue des airs de Bob Marley. Le calme avant la tempête.

Là je suis debout, je crie, j’hurle, j’y crois. Mais non, rien n’y fait. Les Français ne gagneront pas la coupe du monde. Il est temps de rentrer à la maison sans avoir pu goûter à la victoire. Mais voilà, soyons fiers, les rugbymen français nous ont fait rêver. Et nous pouvons repartir la tête haute d’avoir mené une si rude partie contre les invincibles maoris. La presse et les journalistes sportifs mangeront leur chapeau et regretteront de nous avoir si malmenés, traînés dans la boue. A ce point, ce n’était pas nécessaire, pas fair-play, contraire à l’esprit du rugby. Nos rugbymen sortent perdants mais grandis. Ils ont retrouvé le respect de leurs pairs. Et c’est déjà pas mal.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s