Sarkozy adoubé par Obama (le 08/11/2011)

Dans le train [à croire que je suis toujours dans le train] en face de moi, un type à barbe pas rasée depuis trois jours, chemise à carreaux, fait du montage vidéo sur son Mac Book Pro. Un autre regarde une émission de télévision sur son iPad. Moi, j’écris sur un calepin format A6 au crayon de papier. Cherchez l’erreur…

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais le week-end dernier nous avons eu droit à une interview doublement présidentielle. [Attention on ne rigole plus]. Barack Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique, et Nicolas Sarkozy, Président de notre beau pays, étaient assis face à la télégénique Laurence Ferrari et David Poujadas (à l’anglais approximatif). Les sous-titrages inexistants, la voix version française parlant au dessus de celle de Barack Obama – je ne comprenais rien de ce qui se racontait. Les deux Présidents, côte à côte, moment historique selon les journalistes intervieweurs, étaient là pour parler de l’Europe et expliquer comment nous sortir du bourbier économique actuel. J’ai eu la douce impression en écoutant ces deux très éminents messieurs que l’on n’était pas sorti de l’auberge mais que l’on ramait dur pour parvenir à la terre ferme.

En fait, aujourd’hui tout est mondial ou global si vous voulez. Les entreprises du CAC 40, les hedge funds, les transactions financières, les échanges marchands : tout se fait et se calcule à l’échelle de notre planète bleue… Sauf nos vieilles institutions démocratiques, qui elles, raisonnent encore à l’échelle nationale. C’est là que j’ai compris que nous allions doucement mais sûrement vers une gouvernance mondiale. Les Etats-Unis pressent les pays européens de faire quelque chose à propos du chaos grec. Nos économies étant interdépendantes ; tel un jeu de dominos, si l’Europe sombre, les Etats-Unis tombent, et le monde s’engouffre dans la crise. On comprend donc la nécessité de gérer la crise ou les crises à plusieurs. Le coup du référendum grec, sans consultation des partenaires européens, a été vite rebattu en brèche par Monsieur Papandréou. (oui, la Grèce est sous tutelle mes amis).

La TV m’a donné une autre impression. L’impression que l’« homme le plus puissant au monde » adoubait Nicolas Sarkozy et le confirmait dans sa fonction présidentielle. D’ailleurs, Sarkozy gagne 7 points dans les sondages à la suite de l’interview. Alors c’est sûr, Barack et Nicolas n’ont pas la même stature (et je ne parle pas de la taille, voyons, non ce n’est pas bien, ça suffit ! on ne se moque pas des personnes de petite taille). Ma chérie adooooorrrrre Barack : il est beau, intelligent, charismatique, et tout, et tout. Barack, c’est un peu le Président que tout le monde voudrait pour son pays. En écoutant Barack (ou plutôt la voix off par dessus), je me dis que c’est le Président qu’il faut aux Etats-Unis. Je me dis aussi que Nicolas comme Président n’est pas si mauvais que cela. Une crise financière mondiale, une crise sans précédent de la dette publique dans la zone euro, la crise en France (comme d’hab’ haha :-D), deux guerres à mener (en Lybie et en Afghanistan), personne n’a fait de cadeau à Nicolas depuis son arrivée au pouvoir. En termes d’image, même la naissance de Giulia a été occultée par l’assassinat en direct de Kadhafi, et notre XV de France n’a pas ramené la coupe du monde. Alors pour une fois, Sarkozy a de « la chance » (même si c’est planifié, pour une fois ça passe). Sarkozy, fidèle servant des terres France se fait adouber par le puissant roi Obama.

Le but de l’interview était donc double :

  • Financier – Rassurer les marchés financiers sur la capacité de l’Europe à surmonter la crise grecque, et plus largement prouver la compétence des dirigeants politiques à prévenir les secousses économiques d’un monde globalisé.
  • Politique – Gagner des points, pour Sarkozy comme pour Obama, avant les élections présidentielles. Sarkozy apparaît comme l’homme qui a les épaules assez larges pour présider la France en temps de crise, tandis qu’Obama joue l’atout d’un Président ouvert au dialogue avec les autres pays rompant avec les années d’autisme et d’unilatéralisme de Bush fils.

Et sur ce, je vous laisse dormir tranquille, et à bientôt sur mon blog !

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