Bobo vs Hipster

Il est 8.03 du matin, je m’achemine lentement vers le train, il me reste deux minutes, j’ai largement le temps. Les portes se ferment, le train de Macquarie Park s’en va. 20 minutes d’attente dans le froid pour choper le prochain train. Ah tiens, il y a du retard. Non ce n’est pas le RER B, mais bien les lignes ferroviaires australiennes. Comme quoi même à 17 000 km, on n’est jamais très loin de chez soi. J’ai enfin le temps d’écrire un post qui trotte dans ma tête depuis longtemps : un combat mythique, mythologique, mystique, entre le méga bobo et l’uber hipster (désolé pour les puristes allemands, je ne sais pas faire le tréma sur le « u » d’uber). Mais d’abord essayons de les définir pour mieux les différencier.

Individu se prenant pour un Bondi hipster –
Hommage au tableau de Juan Davila au MCA

Le bobo est une notion qui vient de la contraction de « bourgeois » et « bohême », donc le bobo est une contradiction en soi. Le bourgeois c’est généralement l’ordre, alors que la bohême c’est le désordre. Cela signifie quoi exactement. On nomme par bobo celui qui vient d’une certaine catégorie sociale, a priori pas le peuple. Mais attention, tout bourgeois un peu branchouille pourrait passer pour un bobo dans ce cas. C’est là l’erreur. Le bourgeois en jeans Diesel reste un bourgeois (… en jeans DIESEL). Alors que faire pour retrouver le bobo ? Le bobo n’est pas de la classe populaire certes, mais il n’est pas à proprement parler un bourgeois ou un bourgeois qui aurait mal tourné (en gros en votant à gauche mais j’y reviendrai). Il n’a pas les moyens financiers du bourgeois. Et là réside la différence. Le bobo vit dans les quartiers populaires de Paris en voie de « gentrification ». Comme il ne peut pas se payer le 7ème arrondissement et l’avenue Rapp, il va là où il peut, de préférence toujours dans le centre de Paris (pas la banlieue), plutôt le 18ème mais pas tout le 18ème, les « bonnes rues ». ça c’est la définition socio-économico-spatiale du bobo. C’est un prof, un journaliste, un pubard, une profession intellectuelle supérieure payée au lance-pierres, donc il s’achète ou loue un appart où il peu. Sinon les bobos vivraient dans le 7ème comme tout le monde (enfin, comme un certain monde…).

Le hipster n’a rien à voir. Quand on est Français en Australie, on a tendance à le confondre avec le bobo, mais ils sont très différents. Le bobo est français (voire parisien), le hipster est australien. Le hypster peut ressembler au bobo en apparence, car il est « trendy », dans le « moouve », « fashion », « in », il est jeune quoi. Ben oui, un hipster vieux, on n’en voit pas beaucoup. Aussi, le hipster vit plutôt dans les quartiers branchés, pas bourgeois cependant. Il est là plus parce que c’est cool que par volonté de mixité sociale. La mixité sociale, il s’en tape royalement. Il est à Surry Hills, à Redfern mais East Redfern (l’Ouest est trop … pauvre à son goût et il évite soigneusement the TOWER le « ghetto black » aborigène) ET BONDI !!! Bondi (prononcer BondyyyyEEE) est le lieu de prédilection du hipster. Bondi c’est cher. Il y a la plage, mais y’a des plages partout à Sydney et 10 fois plus sympas. Bondi est la formidable combinaison de backpackers, de touristes voyeurs et d’hipsters. Je ne m’en étais pas rendu compte au début, mais on retrouve à Bondi plusieurs bars extrêmement M’AS TU VU.

Le bobo est un intellectuel pauvre. Le hipster peut travailler dans la com’, la mode, c’est un faux intellectuel avec de la thune et un gros fêtard surtout. Il n’a rien de politique, soutient seulement les grandes causes pour se donner bonne conscience. Là est la différence avec le bobo. Le bobo est politique, il est à Gauche, il veut de la mixité sociale. Le bobo est même devenu une notion politique. Il est l’expression de tous les fantasmes, d’où la difficulté de le définir. C’est un fourre-tout. Les partis extrêmes, à commencer par le FN, font du bobo le responsable de tous les maux. A droite, le bobo a même valeur d’argument. « Toi, t’es un bobo ». En gros, tu ne peux pas comprendre les préoccupations du peuple. On a tendance à taper allègrement sur les bobos (pas les hipsters). Le bobo est le parfait alibi pour la Droite, car il devient le bouc émissaire des classes populaires, et ces dernières oublient que ce sont les bourgeois qui détiennent le pouvoir économique. Comme si détenir un peu de culture était un mal. Donc on tape sur les bobos comme on tape sur les intellectuels. Alors quitte à choisir entre le bobo et le hipster, je choisis sans hésitation le hipster. Au moins, personne l’emmerde, lui.

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5 réflexions sur “Bobo vs Hipster

  1. Il n y a pas de vieux hypster, mais il y a des vieux bo…. Bos!
    Choisis ton camp mais change ta photo de nain de jardin fan de Robert hue!!!!

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