SOS Ennui

Il y a des personnes qui se sentent coupables de ne rien faire à la maison, tandis que les autres sont encore plus coupables de ne rien faire au bureau, car ils sont payés pour cela…

Je lisais l’autre jour que le smartphone avait tué l’ennui. Aujourd’hui, nous serions guéris de l’ennui par la possibilité de naviguer toute la journée sur la toile à checker nos emails et surtout nos spams, à regarder des vidéos sur YouTube, à lire les soupirations et soubresauts des stars et autres célébrités de seconde zone sur Twitter et à nous passionner pour les photos vintage et posts très LOL de nos quelques milliers d’« amis » sur Facebook. Quel bonheur ! La science et la technologie ont enfin libéré l’homme de sa tourmente. Ce coquin de Rousseau était décidemment un piètre oracle  quand il s’agaçait du futur et de la technologie dans son discours sur les arts et la science.

Cependant l’ennui est-il si terrible que cela ? Il est terriblement ennuyeux, certes. Ne pas savoir que faire de sa propre personne est loin d’être agréable, on se sent inutile, inutilisable, inutilisé. C’est épouvantable d’accord. Seulement l’énergie que l’on pourrait utiliser à penser, créer, rêver, est utilisée d’une bien médiocre façon. Aussi, nous nous préparons à une génération d’impatients, de nerveux, de gogoles scotchés à leur téléphone ou tablette à longueur de journée.

Mais c’est un peu la vision négative des choses. Certains, dans leurs grands moments d’ennui, continuent d’écrire avec passion sur leur petit blog et caseront même dans un billet court d’à peine 300 mots, le philosophe Rousseau. Elle est pas belle la vie ?

L'Ennui avec Charles Berling et Sophie Guillemin
L’Ennui avec Charles Berling et Sophie Guillemin

Le vent dans la plaine
Suspend son haleine.

C’est l’extase langoureuse,
C’est la fatigue amoureuse,
C’est tous les frissons des bois
Parmi l’étreinte des brises,
C’est, vers les ramures grises,
Le chœur des petites voix.

Ô le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l’herbe agitée expire…
Tu dirais, sous l’eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante,
C’est la nôtre, n’est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s’exhale l’humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ?

Paul Verlaine
Romances sans paroles (et je te case même un poème de Verlaine, VLAN!)
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