Considérations Inexactes

Masque du mouton dans "Noé" d'André Obey (1931 - Photo Mieville).
Masque du mouton dans Noé d’André Obey (1931 – photo Mieville)

Car apprendre c’est se souvenir comme disait un prof d’histoire lorsqu’on nous gavait comme des canards de savoir, rappelez-vous (enfin si vous avez fait hypokhâgne) ce merveilleux petit prélude de Nietzsche dans ses Considérations Inactuelles II. Encore vous avez du bol, j’aurais pu vous mettre le texte dans sa langue natale, l’allemand…

Ce voyageur, qui avait vu beaucoup de pays et de peuples, et visité plusieurs parties du monde, et à qui l’on demandait quel était le caractère général qu’il avait retrouvé chez tous les hommes, répondait que c’était leur penchant à la paresse. Certaines gens penseront qu’il eût pu répondre avec plus de justesse : ils sont tous craintifs. Au fond, tout homme sait fort bien qu’il n’est sur la terre qu’une seule fois, en un exemplaire unique, et qu’aucun hasard, si singulier qu’il soit, ne réunira, pour la seconde fois, en une seule unité, quelque chose d’aussi multiple et d’aussi curieusement mêlé que lui. Il le sait, mais il s’en cache, comme s’il avait mauvaise conscience. Pourquoi ? Par crainte du voisin, qui exige la convention et s’en enveloppe lui-même. Mais qu’est-ce qui force l’individu à craindre le voisin, à penser, à agir selon le mode du troupeau, et à ne pas être content de lui-même ? La pudeur peut-être chez certains, mais ils sont rares. Chez le plus grand nombre, c’est le goût des aises, la nonchalance, bref ce penchant à la paresse dont parle le voyageur. Il a raison : les hommes sont encore plus paresseux que craintifs, et ce qu’ils craignent le plus ce sont les embarras que leur occasionneraient la sincérité et la loyauté absolues.

 

Fainéants et lâches, sympa le mec. Nous sommes des moutons, bééééé, des vaches, meuh, et il a bien fallu un de nos ancêtres qui avait des allures de singe pour s’extraire du farniente animal ambiant. Regardez votre chat ou chien d’appartement, on dit sans arrêt : « il a la belle vie, lui », justement parce qu’il ne fait rien de ses journées. Le vide intellectuel total. Aujourd’hui, tout va bien le patronat nous fouette bien comme les sénateurs romains ou seigneurs d’autrefois. Nous sommes contraints de travailler, même si on préfère roupiller. Qu’il est bon de ne rien faire, mais faut bosser pour consommer, et consommer ça permet aux autres de bosser, donc enfin on a pas vraiment le choix… euh si… t’es libre quand même hein… t’es AUSSI libre de pas bosser… de pas consommer… de rien foutre et d’être SDF tout pourri tout seul dans ta cave, super quoi.

Pour vous rassurer j’étais tellement nul en allemand (pendant que mes camarades de khâgne lisaient Goethe !), je suis passé par décision express du prof en espagnol au Celsa. Mathieu tu te reconnaîtras haha !
Benji est pas mal aussi dans le genre. Le jour du Bac,

– le prof « vous avez fait combien d’années d’allemand ? »

– Benji « 7 ans pourquoi ? »

– le prof l’air désespéré [soupir] « Ah oui quand même ».

Et puis Nietzsche, j’ai jamais rien compris. ACHTUNG BITTE ! Bonsoir messieurs et mesdames, faut que je retrouve mon état naturel : la paresse.

P.S. Vous trouvez pas que la photo du type habillé en mouton fait un peu pervers ? Parce que je me suis dit « ah, voilà ce qu’il me faut » et puis… j’ai trouvé ça bizarre.

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