Barrez-vous ! ou LA HAINE

Bon je le dis tout de suite, ça va être cinglant, court et efficace.

Film Les évadés avec Morgan Freeman et Tim Robbins
Film Les évadés avec Morgan Freeman et Tim Robbins

Rappelez-vous du petit Nicolas, oui c’est ça, tu visualises c’est bien, le mec qui gesticule te racontait : « la France tu l’aimes ou tu la quittes ! ». Moi je l’aime mon pays, je suis parti et je suis revenu. Donc l’amour là-dedans n’a rien à voir. Après on a eu droit l’année dernière à trois célébrités de second rang (Félix Marquardt, Mokless, Mouloud Achour) nous faire la morale : jeunes de France, ton salut est ailleurs. Lire ici le texte dans Libé. Donc récapitulons un communicant, un rappeur et un gros trouvent de la légitimité à s’exprimer sur l’avenir de la France et de sa jeunesse. Quand même pour citer le texte : « vous vivez dans une gérontocratie, ultracentralisée et sclérosée, qui chaque jour s’affaisse un peu plus ». Leur solution se barrer. On sait que la France a fourni pas mal d’intellectuels dans le passé (Bourdieu, Sartre, etc.) mais là on a droit à la crème de la crème. Rebelote il y a quelques jours, notre bien-aimé Félix Marquardt croit nécessaire de publier une tribune réitérant les jeunes Français à se casser mais cette fois-ci dans le New York Times (c’est plus chic) et en anglais (car c’est bien connu tous les jeunes Français lisent le New York Times dans la langue de Shakespeare). L’article sobrement intitulé : « The Best Hope for France’s Young? Get Out ». Lire ici le texte si ce n’est déjà fait.

Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien…

Je vais vous dire ce qui m’horripile dans ces textes. Ce n’est pas tant le fond mais plutôt la forme. On peut dire que c’est globalement une bonne chose pour un jeune de découvrir le monde et de revenir avec ses expériences dans son pays d’origine. Et là c’est assez consensuel, donc beaucoup de bruit pour pas grand chose. De l’Australie, j’ai ramené un optimisme en acier. Mais, il y a un MAIS, ce que cachent ces textes sont une haine viscérale de la France. C’est terrible à dire, mais pour avoir vécu quelques années en Australie, j’ai rencontré bon nombre d’expats qui détestent la France et le « système français ». Certes, il faut savoir être critique, mais parfois il faut aussi arrêter de cracher dans la soupe. C’est fou quand même avec quelle facilité on rencontre des ânes sans oreilles (khmar bla ouinedine) comme le dit nos compagnons dans leur tribune chez certains expats. VERBATIM extraits choisis : Tout le monde peut s’offrir une Porsche aujourd’hui, ou à propos des meurtres commis par Mohamed Merah Mais ils étaient juifs, pas Français, et j’en passe… mais toujours une floppée de commentaires déplaisants et négatifs à l’égard de la France. Les pires étant ceux qui n’ont jamais foutu les pieds en France plus de trois semaines… se permettent les pires critiques et insultes à l’égard du pays mais surtout du peuple, des veaux comme disait De Gaulle. C’était fatigant à la longue. Nous sommes bien les champions du monde du pessimisme et râleurs toutes catégories confondues.

Félix, Mokless et Mouloud, partez et ne revenez jamais !

Vous le savez, je ne suis pas particulièrement chauvin mais j’aime pas qu’on prenne la France pour une serpillère et les jeunes pour des cons. C’est facile, quand on est à des milliers de kilomètres de son pays de dire que tout est nul et que les Français sont des gros beaufs. C’est encore plus facile quand on est né avec une cuillère d’argent dans la bouche comme notre ami Félix Marquardt, self-made man mon œil et surtout pour qui veut le croire. Notre ami Félix est un gosse de riche : son père, austro-allemand, avocat d’affaires ; sa mère, américaine, possède une immense galerie d’art Place des Vosges. Lire une interview de lui ici qui rend le personnage encore plus détestable. Félix Marquardt fait parti de cette élite mondialiste et financière et il voudrait vous faire croire que tout le monde a sa chance ailleurs qu’en France. Mensonge ! Mensonge ! Et il le sait très bien. Pour lui, « l’enfant terrible » des écoles privés peut se permettre d’ouvrir sa gueule, de faire le pitre, de rater ses études, car quand on a un héritage et un réseau monstre derrière on s’inquiète moins. Mensonge encore une fois quand il veut vous faire croire que tout le monde peut partir. Faut parler un peu anglais pour s’en sortir, faut pas avoir d’attaches (une femme, des gosses, ça complique les choses), faut être dans un secteur qui recrute (pâtissier, coiffeur, ingénieur en Australie oui, sinon tu vas galérer c’est sûr et j’en ai vu des dizaines). Je ne veux surtout pas décourager les Français de découvrir le monde, mais je tiens à dire UNE chose. Il ne s’agit pas de fuir car vous détestez la France, il s’agit avant tout d’avoir envie de partir pour voir ce qui se passe ailleurs, vos tripes vous le disent, pas Monsieur Félix Marquardt. Ce grossier personnage nous raconte que des conneries et nos journalistes sont trop niais pour voir qu’il fait simplement (et encore une fois) sa PUB, oui page de publicité pour son agence de communication. Voilà, ce qui l’intéresse n’est pas du tout l’avenir du pays et encore moins des jeunes, mais sa gueule, c’est tout. Car pourquoi publier une tribune dans le New York Times ? Si ce n’est pour attirer l’attention sur lui. Son message est déjà passé, il ne dit rien d’autre, il veut juste faire plaisir à ses pairs, microcosme de cette élite mondialiste et financière, endogamie et réseautage, dans un journal libéral qui dès qui le peut s’attaque à la France (qui a un système un peu plus protecteur qu’aux US c’est vrai).

Conclusion : Félix, ne reviens surtout pas, s’il te plaît, par amour de la  France.

P.S. : pour les masos, y’a un site web barre-toi http://barrez-vo2.us/site/ ou la réponse aux trois guignols « Jeunes de France, battez-vous ! » ici.

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2 réflexions sur “Barrez-vous ! ou LA HAINE

  1. Entièrement d’accord:

    1) La vie en France est certes pleine de galères pour la majorité d’entre nous… mais s’installer à l’étranger, c’est un sacré combat!! Déjà, bon nombre de pays souffrent de maux économiques similaires et on y rame tout autant pour acquérir emploi et logement… et pas moyen de se passer de ces derniers en campant ici ou là car il s’agit renouveler son droit de séjour, bien sûr – et à économie faiblarde, immigration pas facilitée, ça c’est la même chose partout. Il faut en effet être bankable – au Japon : profil ingénieur, IT, ou finance… Sinon, ce sera cours de français payés au lance-pierre ou serveur. Quant aux pays où la croissance est là, il faut souvent y revoir à la baisse ses critères en termes de protection sociale, de sécurité, voire de confort de vie tout simplement… sans compter, en effet, le travail qu’il faut faire sur soi pour s’adapter à un nouvel environnement culturel, linguistique, etc. Bref, l’expatriation, sauf pour une minorité d’expats privilégiés très encadrés par leurs société, c’est un parcours du combattant ! C’est se confronter à des difficultés immédiates et vitales, tous les jours ! Comment peut-on promettre aux jeunes Français qu’ils vivront plus correctement ailleurs ? On voit bien que ceux qui prodiguent ce conseil qu’ils n’y ont pas vécu bien longtemps, « ailleurs » ! Moi j’y suis actuellement, et je peux certifier que l’herbe n’y est pas plus verte, elle est juste différente. Et comment peut-on sous-entendre que tout le monde soit armé pour cette vie là ? Ceux qui souffrent le plus de la précarité à la française sont précisément ceux dont le CV n’est pas ce qu’il y a de plus exportable…

    2) Mais bon sang, bien sûr que l’amour de la mère patrie n’a rien à voir là dedans. Est-ce qu’on renie sa propre famille est fondant un foyer avec quelqu’un d’autre ? Non. Il ne s’agit pas de choisir. Il peut arriver à tout un chacun (et pas à tous, et pas au même moment, et pas pour la même durée, et avec divers degrés d’engagement) de ressentir au fond de soi l’envie profonde d’aller se frotter à des us et coutumes, des concepts, des sensations inconnues. Et c’est comme ça qu’on devient un Français de l’étranger. Parfois, on noue au loin des liens qui nous ferons nous y enraciner ; souvent, on revient. Réécoutez Syracuse de Salvador, enfin. Et puis, c’est vrai que les jeunes adultes actuels appartiennent à la génération internet : la profusion d’images étrangères et la sensation (l’illusion) d’un monde ficelé dans une seule et même toile les encourage à considérer leur présence en terre inconnue comme légitime. Nous avons développé, par dessus la couche de l’appartenance nationale et régionale, un sentiment d’appartenance à un monde globalisé où tout le monde danse le Harlem shake ou le Gangnam style. Et du coup, partir… ce n’est plus vraiment quitter.

    1. Merci beaucoup pour ce commentaire Noémie, on comprends qu’il y a du vécu dans ce que tu dis, et je trouve en plus que c’est beau : tous unis par le gagnam style et harlem shake !

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