Le dernier des bergers

Au pays  Cévenol, on imagine les hommes parcourant les paysages nus où Mère Nature est belle mais les terres sont pauvres. On imagine les premiers hommes découvrir la rigueur de l’hiver. Comment ont-ils faits pour construire des sépultures, des maisons, des églises, des forteresses à des centaines voire des milliers de mètres d’altitude ? Un paysage façonné par les hommes, les bergers, les transhumances. Les hommes ont fini par apprivoiser un pays hostile et se sont imposés. Ils y ont construits des mines, des maisons de vers à soie. Impressionnant la variété des paysages au fil des promenades. De la vallée française, Cévennes des Cévennes, faite de terres schistes où la châtaigne est Reine, au pays des Caussenards et ses plateaux calcaires. 2 mondes à proximité. 2 cultures. Protestant pour l’un, catholique pour l’autre. De gauche, de droite. A priori tout les oppose, mais un point commun : la désertification, le dépeuplement de ces régions autrefois habitées. Les paysages changent à mesure que les hommes repartent. Des chênes et arbustes repeuplent la moyenne montagne, là où autrefois la nature était dénudée, domptée par les bergers et moutons qui y passaient. Que reste-t-il ? Où se trouve le dernier berger ? Une boutique bobo de confiserie set sucreries à la châtaigne pour ressusciter la culture locale. L’été encombré pour une année dépeuplée. Une culture qui se perd, que des passionnés tentent de sauvegarder photos et témoignages à l’appui. Mais ici tout est oral. « Là, il y avait des vignes ». « Là, il y avait un village ». « Là, il y avait des hommes ». Il ne reste plus que les mots, les souvenirs, les paroles des anciens… Ecoutons le dernier des bergers.

Un dernier berger - photo  de Renaud Dengreville (Christian Avesque, dernier berger du causse Méjean)
Un dernier berger – photo de Renaud Dengreville (Christian Avesque, dernier berger du causse Méjean).

Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges, mais n’omets pas de leur parler d’amour et de choses semblables.

Kipling, citation tirée du roman de Mathias Énard.

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