Ecritures brouillonnes Partie 1

Ma montre indique le 27 décembre, mais nous sommes le 28. Ecrire est un défi, car on se bat toujours contre le temps, le quotidien. Et puis à l’heure où je réécris ce post, nous sommes le 30… Ecrire suppose de se poser, avoir l’esprit prêt à rédiger quelques lignes banales ou stupides. Imaginez un peu si je devais écrire un roman ou quelque chose d’intelligent. L’inspiration ne manque pas. On aurait pu croire que le retour d’Australie « vide la tête » laissée sans élan créatif possible. Pourtant ma tête parle sans arrêt, mais c’est constamment brouillon. Ecrire quelque chose d’engagé est encore plus difficile quand les politiques (ou la politique) m’ont profondément déçu. Je me cache dans la dérision, l’humour, l’ironie, car je n’ai pas d’idée concrète à exprimer : sauf un état d’esprit, un ressentiment. Et parfois écrire c’est aussi cela : on n’a pas forcément « quelque chose à dire », mais dire « c’est déjà quelque chose ». Enfin, si vous me comprenez, car c’est brouillon, très. Si je devais produire une pensée tant soit peu originale, sans rien inventer, car c’est devenu impossible tant l’homme a déjà produit, je devrais réfléchir. Pffff trop dur. Et ça, c’est une gifle, un retour à la réalité.

monsieurpapillon se creuse la tête...
monsieurpapillon se creuse la tête…

« On » ne veut surtout pas réfléchir. « On » est sous pression permanente, « busy », « sous l’eau », on produit du « jus de cervelle », c’est du jus car au final ce n’est pas une véritable réflexion. La réflexion implique un temps mort, un silence, une remise en question, une autocritique. Il était, c’est vrai plus évident de critiquer de Sydney ce qui se passait en France, mais là on fait parti du paysage. Il faudrait pour être crédible que je produise désormais mes propres idées, innovantes si possibles, pour faire bouger les choses, pour ne pas proposer les mêmes recettes qui ne marchent pas. Sinon comment être crédible quand on critique la politique, si soi-même on ne propose rien. « Et toi, tu proposes quoi ? ». La phrase qui tue. Pourtant je n’ai pas demandé à être Premier ministre ni même sous-sous-ministre. Il faut la même inspiration, créativité, inventivité en politique que dans le monde des arts, des start-ups ou dans les universités et centres de recherche. C’est comme cela que l’on peut accoucher d’un renouveau. Si l’on estime que notre modèle est à bout de souffle, c’est à nous de le réinventer. Et on ne peut raisonnablement pas demander cette tâche à des gens du système qui ne connaissent que lui et vivent grâce à lui. Sans tomber dans la démagogie ou poujadisme primaire, quand on parle de renouvellement des élites, c’est plus du renouvellement des idées dont nous avons besoin. Mais il est bien difficile de croire qu’un énarque porte en lui les germes de la Renaissance du système.

Fin de la partie 1 (voir la suite 2 et 3)

Pour aller plus loin : Que reste-t-il aux Français pour dire stop aux élites (sans passer par le FN) ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s