Hollande et contre tout

D’un cynisme candide, monsieurpapillon ne croyait pas aux promesses électorales de Monsieur Hollande, il était néanmoins persuadé que se cachait sous Flanby le réformateur de la France.

Le président de la République n’est pas et n’a jamais été le Che Guevara tant espéré par la gauche de la gauche. D’ailleurs, les « frondeurs » n’ont peut-être jamais vraiment cru à leur doux songe, et ne souhaitaient que par leur irrespectueuse résistance fléchir un tant soit peu la politique du gouvernement.

Alors que la majorité de l’opinion souhaite jeter Hollande aux oubliettes, essayons mes amis de donner une dernière chance à notre cher François.

Procédons par ordre.

La lutte de pouvoirs, qui a lieu à gauche, est d’abord une bataille idéologique et sémantique. L’aile gauche du Parti Socialiste fustige une politique libérale, une cure d’austérité budgétaire, la rigueur… pour des résultats plus que médiocres si l’on se réfère aux chiffres de la croissance et de l’emploi. Mais attention à ne pas confondre corrélation et causalité. La rigueur hollandaise n’est qu’un leurre, elle ne s’est traduite que par une hausse supplémentaire d’impôts dans un pays sacrément taxé à tous les niveaux. Manque un élément crucial : la baisse des dépenses publiques. La dépense publique en 2013 atteint en France 57 % du PIB (44,7 % en Allemagne, 50,6 % en Italie et 44,8 % en Espagne à titre de comparaison). Qu’il est commode de demander aux Français de se serrer la ceinture, de faire encore des efforts, quand « l’Etat » (compris comme l’ensemble des services de l’administration, collectivités locales comprises) ne fait pas preuve d’exemplarité… ou si peu.

Un temps orageux pour notre président…

Et que dire de la politique libérale de François Hollande… c’est une politique de l’offre qui souhaite redonner des marges aux entreprises françaises, qui a la volonté de relancer la compétitivité pour combattre le cancer du chômage. C’est évidemment un discours et une politique à l’opposé d’une campagne présidentielle qui désignait en 2012 la finance comme l’ennemi numéro 1. Mais, et il y a un « mais », on ne peut pas attendre des résultats d’une politique qui vient tout juste d’entrer en application. Voilà pour la défense d’Hollande, mais c’est bien évidemment très insuffisant. Insuffisant, pas parce qu’il convient de faire plus de cadeaux fiscaux aux entreprises, mais insuffisant car (on y revient) « l’Etat » dans sa globalité doit se restructurer, se moderniser, faire preuve d’efficacité. On peut regretter amèrement l’absence d’originalité dans les réponses apportées par le gouvernement pour dynamiser l’économie. C’est d’autant plus regrettable que les rapports et notes des Gallois et Attali se succèdent sur les bureaux des ministres pour en appeler à une France moins rigide, débarrassée de ses lourdeurs moyenâgeuses (le notariat, le quota de taxis, le code exponentiel du travail…). Une France libérale en sorte. Libéral pour liberté, ce n’est pas un gros mot.

Alors voilà, si Hollande a tenu plusieurs de ses engagements sociétaux, malgré les contestations de la rue, comme le mariage gay, il doit maintenant tenir le nouveau cap économique fixé quitte à faire grincer des dents l’aile gauche du PS. C’est politiquement risqué, peut-être même suicidaire, et peut-être l’affirmation (enfin) d’une gauche de gouvernement débarrassée de ses démons trotskystes et démagogiques. La guerre à gauche ne fait que commencer, s’engage une bataille des deux roses plus féroce que jamais. Le président ne manque pas de courage politique (c’est nouveau tiens !), et il lui en faudra encore beaucoup pour devenir le réformateur du PS et de la France.

Pas mal pour un Flanby.

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