Tribulations du loukoum

Enfin, le repos du guerrier. Après une course folle sans queue ni tête. L’agitation permanente, le mouvement sans fin. Les journées de travail, autant de combats de boxe. Sur le ring, ne pas plier. Rocky. Je peux enfin (re) déposer les armes.

Place à la lenteur.

Se défaire des préoccupations vaines. Ne dit-on pas d’un consultant qu’il est en mission. S’en va-t’en guerre. Tel un soldat se battant pour des intérêts qui le dépassent. Il y a 10 ans, j’écrivais des citations pseudo-philosophiques pour tenter de me convaincre que mon existence n’était pas tout à fait futile. Arrogant, je me croyais supérieur et voué à un grand avenir. Aujourd’hui, je fais ce que je veux, suis plutôt heureux, mais j’ai pris conscience que nous sommes poussière.

Il y a 10 ans, j’écrivais : « le temps s’écoule, on coule ». 

Prémonitoire. En fait, c’est moins le temps qui passe qui pose problème, car on y passe tous, finalement. C’est la vitesse de nos vies. Il faut vivre. Impératif de l’ambitieux Rastignac prêt à conquérir la capitale. Rien n’a changé depuis Balzac, si ce n’est que nous sommes tous devenus des Rastignac assoiffés de reconnaissance, de consommation, des égocentriques qui s’exhibent à coups de posts, likes et selfies. Abreuvés d’information, nous ne savons plus lire. Le bombardement incessant d’actualités, futiles et graves, sans distinction, et à portée de main, nous fait perdre le goût de l’effort de recherche, l’effort intellectuel et physique d’aller dans une bibliothèque pour chercher et trouver le savoir. Le savoir immédiatement accessible est un progrès immense, mais nous perdons la notion de temps. L’immédiateté, la capacité à faire des polémiques à la Zemmour, à réagir sur les commentaires jusqu’à en oublier la source, nous sommes la farce de la Dent d’or, les savants de pacotille.

Quand monsieurpapillon se transforme en Super Loukoum
Quand monsieurpapillon se transforme en Super Loukoum

Pour 2015, qui promet d’être tout aussi agitée que 2014, érigeons en divinité le loukoum. Épais, inamovible, il tire sa force de la paresse. Posons-nous, car se poser, c’est réfléchir. Une fois libéré des turpitudes inutiles, prenons la plume, un clavier, un crayon, un Bic, que sais-je, et essayons-nous à rédiger quelques banalités philosophiques. On se moquera de notre candeur, les cyniques pointeront notre niaiserie intellectuelle, mais moi, je sais qu’il y a 10 ans, j’écrivais : « le temps s’écoule, on coule », et 10 ans plus tard, voilà que je le réécris.

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