La liberté de la presse a un prix

Allez les gars, ne vous laissez pas abattre...
Allez les gars, ne vous laissez pas abattre…

On a beaucoup parlé de la liberté d’expression. Liberté d’expression que se sont empressés de malmener certains. Dieudonné a fait sa petite connerie, et comme d’habitude, les médias ont relayé l’information, et Dieudonné a gagné quelques fans supplémentaires. Mais passons sur ces débilités et rappelons simplement que la liberté d’expression est encadrée par la loi, et ne consiste aucunement à faire l’apologie de la haine et encore moins des meurtres commis ces dernières semaines. Ce dont je voudrais parler est de la liberté de la presse, mais surtout relier cette liberté à l’indépendance financière. Voyez-vous, Charlie Hebdo a soulevé la plus grande foule de manifestants depuis la libération. Mais dans le même temps, le journal satirique qui vivait uniquement des ventes, n’arrivait pas à joindre les deux bouts. Charlie Hebdo était, avec seulement 35 000 exemplaires vendus, proche du dépôt de bilan. Et voilà qu’aujourd’hui le canard devra être imprimé à sept millions d’exemplaires, ce qui, sans être historien des médias, constitue probablement le plus grand tirage d’un journal dans l’histoire de France.

On comprend, aujourd’hui, que le prix de la liberté de presse est le prix affiché sur le journal. Mais beaucoup ne l’ont pas toujours saisi et s’empresse de lire les « journaux gratuits » (Métro, 20 Minutes) qui ne sont gratuits que parce qu’ils sont entièrement financés par la publicité. Nos grands quotidiens nationaux doivent trouver l’équilibre entre les recettes des ventes, les subventions de l’État et les recettes publicitaires, si ces dernières deviennent trop importantes, c’est l’indépendance, l’intégrité du journal qui est menacée, et donc la liberté de la presse. Quand à la suite d’une affaire, d’une enquête, plusieurs annonceurs décident de quitter le navire Libération, comme on a pu le voir dans le passé, on voit bien que les finances restent un moyen de pression important sur les contenus du journal. Il faut donc, si on en a les moyens et les convictions, privilégier non seulement la presse payante, mais mieux encore la presse indépendante sans subvention, sans publicité. Ce qui fait la force du Canard Enchaîné et de Mediapart, c’est justement leur indépendance financière. L’indépendance financière est garante de la liberté de la presse.

Quand le prix à payer pour la liberté de la presse a été et est toujours celui du sang pour un grand nombre de journalistes en France et dans le monde, le moins que l’on puisse faire c’est d’acheter un journal de temps à autre.

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